Chenille processionnaire du pin : reconnaître et agir

Chenille processionnaire du pin : identifier, comprendre et agir au bon moment


La chenille processionnaire du pin (Thaumetopoea pityocampa) est l'un des insectes ravageurs les plus présents en Ille-et-Vilaine et dans toute la Bretagne. Chaque hiver et chaque printemps, elle colonise les pins, forme ses nids soyeux caractéristiques et entame, dès janvier-février, sa descente au sol en longues files indiennes de chenilles urticantes. C'est précisément ce moment qui concentre les risques : pour la santé humaine, pour les animaux de compagnie, et pour la santé des arbres. Avant d'agir, encore faut-il savoir reconnaître cet insecte, comprendre son calendrier et mesurer l'ampleur réelle du danger.


Qu'est-ce que la chenille processionnaire du pin ?


La processionnaire du pin est la larve d'un petit papillon nocturne. Invisible et sans danger à l'état adulte, c'est au stade larvaire qu'elle devient problématique. Elle doit son nom à son comportement le plus spectaculaire : les chenilles se déplacent en file indienne (« en procession ») lors de leur descente des arbres au printemps, parfois sur plusieurs dizaines de mètres.


Sa caractéristique la plus dangereuse est la présence de soies urticantes microscopiques sur son corps. Ces poils, chargés d'une toxine inflammatoire appelée thaumétopoéine, se détachent au moindre contact et restent actifs pendant plusieurs années, même sur les chenilles mortes ou dans les nids abandonnés.


Comment la reconnaître ?


Visuellement, la chenille processionnaire du pin est assez facile à identifier une fois qu'on sait quoi observer : 


  • longueur :  3 à 4 cm à maturité (stade L5) ; 
  • couleur :  dos brun-roux avec une bande orangée, ventre grisâtre ; 
  • poils :  longs poils clairs sur les flancs, poils urticants brun-roux sur le dos visibles à la loupe ; 
  • comportement :  déplacement en file indienne caractéristique, tête-bêche, lors des processions ; 
  • nid :  cocon de soie blanche ou grisâtre, visible à l'extrémité des branches de pin exposées au soleil, de la taille d'une balle de tennis à un ballon de handball.
Une chenille processionnaire urticante en gros plan

Comment distinguer chenille du pin, du chêne et du sapin ?


Trois espèces de processionnaires coexistent en France. En Bretagne, c'est la processionnaire du pin qui domine, mais la confusion est fréquente :



Espèce Arbre hôte Nid Procession
Processionnaire du pin Pins, cèdres, mélèzes Blanc, soyeux, bout de branche, taille balle de tennis à ballon de handball Janvier-Mai
Processionnaire du chêne Chênes, charmes Gris, collé à l'écorce Mai-Juin
« Processionnaire du sapin » Terme impropre Probablement autre espèce

Cycle de vie et calendrier en Bretagne


Comprendre le cycle de la processionnaire du pin, c'est comprendre quand agir et pourquoi certaines périodes sont plus dangereuses que d'autres. Le cycle complet dure un an. En Bretagne, le climat océanique décale légèrement les dates par rapport au reste de la France : les processions au sol peuvent démarrer dès janvier par temps doux.



Infographie récapitulant les différents stades de vie et de reproduction de la chenille processionnaire du pin


Point clé pour la Bretagne :  les processions débutent dès janvier en cas de douceur hivernale, soit 4 à 6 semaines plus tôt que dans le sud de la France. La vigilance doit donc commencer dès le début de l'année, pas au printemps.


Quels sont les dangers des chenilles processionnaires ? 


Pour les humains


Les poils urticants de la processionnaire du pin sont la cause de la grande majorité des accidents. Microscopiques et munis de crochets, ils se détachent au moindre effleurement et pénètrent dans la peau ou les muqueuses sans en ressortir. La toxine qu'ils contiennent déclenche une réaction inflammatoire locale, parfois systémique.


Les symptômes les plus fréquents sont des rougeurs et démangeaisons intenses (similaires à l'ortie, mais plus durables), des cloques ou œdème cutané, une irritation oculaire en cas de contact avec les yeux, et des difficultés respiratoires en cas d'inhalation. Dans de rares cas, une réaction allergique sévère est possible chez les personnes sensibilisées.


À noter :  les poils restent actifs plusieurs années après la mort de la chenille ou l'abandon du nid. Un nid au sol ou dans l'herbe représente un risque persistant, même hors saison.


Pour les chiens et autres animaux


Les chiens sont particulièrement vulnérables en raison de leur comportement naturel : truffe au sol, curiosité, tendance à renifler ou lécher. Un contact avec une procession peut provoquer un gonflement rapide de la langue, une nécrose des tissus, et dans les cas graves, nécessiter une amputation partielle ou engager le pronostic vital.


👉 Pour tout savoir sur les symptômes, les gestes d'urgence et la prévention, lisez notre article dédié aux chiens et aux chenilles urticantes


Pour les arbres


En se nourrissant des aiguilles tout au long de l'hiver, les chenilles affaiblissent progressivement les pins. Une infestation légère ralentit la croissance de l'arbre. Une infestation répétée ou massive peut conduire à son dépérissement complet. Les jeunes pins et les arbres déjà stressés par la sécheresse ou les maladies sont les plus vulnérables.


Que faire face à un nid de chenilles processionnaires ?


Ce qu'il ne faut jamais faire


  • Ne jamais écraser les chenilles :  cela libère massivement les poils urticants dans l'air.
  • Ne pas toucher le nid,  même avec des gants ordinaires.
  • Ne pas brûler le nid sur l'arbre :  illégal et dangereux, cela disperse les poils sur une large zone.
  • Ne pas utiliser un jet d'eau :  cela projette les poils urticants dans toutes les directions.


Mesures immédiates


  1. Interdire l'accès à la zone, particulièrement aux enfants et aux animaux.
  2. Évaluer l'infestation : nombre de nids, hauteur, accessibilité.
  3. Photographier pour conserver une trace et faciliter le diagnostic professionnel.
  4. Contacter un professionnel, d’autant plus lorsque les nids sont à plus de 3 mètres, en nombre important, ou si vous avez des personnes allergiques ou des animaux dans votre foyer.


Méthodes de lutte contre les chenilles processionnaires


Plusieurs approches complémentaires existent, à choisir selon la période et le niveau d'infestation : 


Échenillage mécanique  (nov. – avril) : retrait manuel des nids par un professionnel équipé. Méthode la plus efficace à court terme.

Éco-piège (collier de tronc)  (nov. – mai) : dispositif sans pesticide qui capture les chenilles lors de leur descente. Complémentaire à l'échenillage.

Piège à phéromones  (juin – sept.) : capture des papillons mâles avant la reproduction. Agit en prévention pour la saison suivante.

Traitement biologique au Btk  (nov. – mars et mai - juin) : pulvérisation de Bacillus thuringiensis sur les arbres. Respectueux de l'environnement.

Prédateurs naturels  : mésanges, chauve-souris, coucou. Solution durable à favoriser sur le long terme.


Infographie du calendrier de lutte contre les chenilles processionnaires du pin selon les différentes méthodes

👉 À lire : Guide complet des traitements et méthodes de lutte et Comment favoriser les prédateurs naturels dans votre jardin en Ille-et-Vilaine.




Face à une infestation de chenilles processionnaires du pin, l'intervention d'un professionnel certifié garantit sécurité et efficacité.
NGAN 35 intervient sur l'ensemble de l’Ille-et-Vilaine (Rennes, Fougères, Redon, Saint-Malo et partout dans le département) pour le diagnostic, l'échenillage sécurisé, la pose de pièges et les traitements biologiques adaptés à votre situation.



FAQ : Vos questions sur les chenilles processionnaires

  • Comment reconnaître un nid de chenilles processionnaires du pin ?

    Les nids sont des cocons de soie blanche ou grisâtre, visibles à l'extrémité des branches de pin exposées au soleil. Ils peuvent atteindre la taille d'un ballon de handball. En hiver (novembre à mars), ils sont bien visibles car les chenilles se regroupent à l'intérieur par temps froid. Ne les approchez pas et ne les touchez pas.

  • À quelle période les chenilles processionnaires sont-elles actives en Bretagne ?

    Le risque est présent de septembre à mai. La période la plus dangereuse correspond aux processions au sol, qui surviennent entre janvier et avril en Ille-et-Vilaine (parfois dès la fin décembre lors des hivers doux). Les poils urticants restent actifs dans les nids abandonnés et dans l'herbe pendant plusieurs années.

  • Les chenilles processionnaires sont-elles dangereuses pour les humains ?

    Oui. Leurs poils urticants microscopiques provoquent démangeaisons, rougeurs, œdème et, en cas d'inhalation ou de contact oculaire, des réactions plus sévères. Dans 90 % des cas, la réaction est bénigne, mais très désagréable. Les enfants et les personnes allergiques sont plus vulnérables.

  • Peut-on se débarrasser des chenilles processionnaires sans produits chimiques ?

    Oui, plusieurs méthodes biologiques ou mécaniques existent et sont efficaces : l'échenillage, les éco-pièges, les pièges à phéromones, le traitement au Bacillus thuringiensis, et le développement des prédateurs naturels comme les mésanges. Ces méthodes se combinent pour une efficacité maximale sur le long terme.

  • Faut-il obligatoirement faire appel à un professionnel ?

    Pas toujours. Mais dès que les nids sont à plus de 3 mètres de hauteur, en nombre important, ou que votre foyer compte des enfants en bas âge, des personnes allergiques ou des animaux domestiques, l'intervention d'un professionnel certifié est fortement recommandée. Les nids contiennent plusieurs millions de poils urticants. Leur retrait sans équipement adapté est risqué.

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